Le mot de l'année 2011 ? "Dégage !"
Un manifestant tient une pancarte avec le portrait du président syrien Bachar Al-Assad barré d'un "Dictateur, dégage !" lors d'une manifestation à Bordeaux, le 14 mai 2011.AFP/PIERRE ANDRIEU
Après deux années "économiques" avec les choix de "Dette" en 2010 et de "Parachute doré" en 2009, les jurés du "mot de l'année" qui élisent tous les ans, un mot censé incarner la tendance forte de l'année en cours, ont cette fois-ci, fait un retour au politique, en choisissant "Dégage !".
Ce choix n'est pas franchement une surprise à un an de l'élection présidentielle, mais il réjouit Stéphane Hessel, président d'honneur du festival du mot, en tant que coauteur de la déclaration internationale des droits de l'homme. Le festival du mot qui se tient à La Charité-sur-Loire, dans la Nièvre, jusqu'au dimanche 5 juin, réunit 15 000 personnes environ."UN BON VIEUX MOT DE LA LANGUE FRANÇAISE"
Pour Stéphane Hessel, "c'est une incitation à mobiliser tous ceux qui en ont marre d'une situation politique qui leur nuit gravement. Cela s'applique parfaitement au cas de l'Egypte et de la Tunisie. " "Je me réjouis de voir que les Tunisiens ont utilisé à un bon vieux mot de la langue française pour se débarrasser d'un tyran", a ajouté l'ancien ambassadeur, aujourd'hui, âgé de 93 ans.
Le jury du mot de l'année est composé d'une trentaine d'amoureux des mots que ce soient des écrivains comme Philippe Delerm, Clara Dupont Monod, Jean-Loup Chifflet, des sémiologues Alain Rey, Mariette Darrigrand, des journalistes Michèle Gazier, Pierre Lepape, Stéphane Paoli, ou encore de l'humoriste Vincent Roca.
Les années précédentes, les jurés avaient déjà mis en avant des mots illustrés par des politiques, puisqu'ils avaient élu en 2007 "Bravitude", mot forgé par la candidate à l'élection présidentielle Ségolène Royal, en déplacement officiel en Chine, puis en 2008 "Bling-Bling", mot illustrant la manière voyante de faire la politique par Nicolas Sarkozy
Alain Beuve-Méry